Hollande Touche pas à Notre Dames des Landes

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes

50 ans de conflits, une journée pour décider

Le projet de construction d’un aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) suscite la polémique depuis 1967. Depuis les années 2000, le projet a été sérieusement relancé. Citoyens et associations se mobilisent, à travers diverses manifestations, parfois violentes, contre ce projet considéré nuisible à l’environnement et coûteux pour les finances publiques.

Non!

Un projet déconnecté des réalités actuelles ?

En débat depuis 50 ans

Face à ces réactions, François Hollande a annoncé en février de cette année la mise en place d'un référendum pour régler la question. Cependant, cette décision soulève un problème démocratique: alors que le financement est en partie public (État, Régions Pays de la Loire et Bretagne, Départements et Communes), le Président a précisé fin avril, par publication au Journal Officiel, que seuls les habitants du département de la Loire-Atlantique auront la possibilité de voter pour ou contre le projet.

Pour légitimer le débat et le rendre accessible au reste de la France, des solutions ont été mises en place. Une pétition nationale a été lancée sur 350.org, ainsi qu'une campagne téléphonique collective sur la page: www.26juin.vote/.

Grâce à ces initiatives de mobilisation, vous avez désormais la possibilité de mettre fin à ce projet obsolète.

La volonté politique de construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes fait la controverse depuis maintenant une cinquantaine d’années, mais n’a toujours pas été abandonnée par nos dirigeants: retour sur la chronologie des évènements.

Frise Chronologique
Non à Notre Dames Des Landes
Non!

Un projet déconnecté des réalités actuelles ?

Un projet inutile et incohérent

Le projet est source de conflit depuis sa genèse, et d’autant plus de nos jours, où il n’est plus question de faire atterrir le concorde, mais de respecter les engagements pris lors de COP21. Voici les arguments qui remettent en cause la pertinence de ce projet vieux de plus d’un demi siècle.

L'aéroport Nantes-Atlantique n'est pas saturé

Les défenseurs du projet affirment que l'aéroport actuel est saturé, pour justifier la construction de celui de Notre-Dame-des-Landes. Or cet argument à été plusieurs fois démenti, par des sources sérieuses. La dernière en date : le rapport du CGEDD daté de Mars 2016 (consultable ici).

Le nombre de passagers a effectivement fortement augmenté ces dernières années, et le développement actuel de la région promet une croissance continue pour les années à venir, au-delà des prévisions initiales, et ce, malgré la crise économique.

Cependant, ce n’est pas l’aéroport (ensemble des infrastructures de visant à faire décoller/atterrir les avions : pistes, tour de contrôles, hangars…) qui est saturé, mais l’aérogare (ensemble des infrastructures d’accueil des passagers : parkings, bâtiments, files d’embarquement…).

Réaménager l’aéroport de Nantes

En effet, si le nombre de passagers a explosé ces dernières années, l’augmentation de la taille des avions et de leur capacité d’accueil ont permis d’absorber ces nouveaux flux. Le nombre d’atterrissages et de décollages n’a presque pas augmenté.

Outre cela, si dans les années à venir le nombre de décollages augmente, il est possible de réaménager l’aéroport de Nantes-Atlantique. La superficie actuelle disponible permet d’agrandir l’aérogare, de faire des parkings silos, et même d’ajouter 60 mètres de plus à la piste.

Rare en France : Nantes-Atlantique est rentable

L'aéroport actuel est déjà rentable, avec un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros par an sans subvention; ce qui est assez rare pour les aéroports français. Il est d’autant plus rentable que son activité s’est fortement développée depuis l’arrivée des compagnies “low cost” en 2004.

Notre-Dame-des-Landes ne desservira pas davantage de destinations

Notre-Dame-des-Landes n'offrira pas plus de destinations aux usagers puisque Nantes-Atlantique est déjà international. Il dessert aujourd'hui près de 20 pays différents pour plus de 90 destinations. La croissance du trafic observée ces dernières années sur l’aéroport Nantais est liée d’une part au regain démographique de la région, mais surtout à l’apparition de l’offre des compagnies “low cost”.

Or, d’après les premières estimations, les tarifs aéroportuaires de NDDL risquent d’être plus élevés qu’ailleurs, ce qui limiterait l’attrait pour de nouvelles compagnies, voire dissuaderait certaines compagnies “low cost” présentes actuellement sur l’aéroport nantais de renouveler leurs destinations à l’international.

Des solutions pour réduire la pollution sonore

Autre argument contesté : la possible réduction de la pollution sonore. En effet, ceux qui défendent le projet mettent en avant les nuisances sonores causées par l’aéroport actuel pour les Nantais. Pourtant, les avions sont de moins en moins bruyants, et d’après la Direction Générale de l’Aviation Civile, il y a encore d’importantes marges de progrès via des solutions techniques, mais aussi opérationelles!

Certaines mesures de réduction du bruit ne sont pas encore mises en œuvre aujourd’hui à Nantes, notamment l’arrêt des vols de nuit et la modification des trajectoires. De plus, le bruit impacte bien plus les habitants de communes proches de l’aéroport, notamment Bouguenais et Saint-Aignan-de-Grandlieu, que ceux du centre-ville de Nantes où le bruit provient de bien d’autres sources. Le site de Notre-Dame-des-Landes se trouvant à environ 15 km de l’aéroport actuel, les Nantais n’y gagneront pas grand chose, et les habitants des alentours risquent d’en souffrir encore davantage!

Non!

Un projet aux impacts multiples

Destructeur d’un écosystème protégé

Le projet de Notre-Dame-des-Landes a de nombreux impacts négatifs, notamment sur la faune et la flore.

Une zone humide en danger

Le site de NDDL est composé de zones humides à 98% : des prairies, des boisements et des landes humides. Or, ces zones sont très utiles pour réduire les risques d’inondation, réguler le climat et maintenir la biodiversité.

Le 31 janvier 2016, journée mondiale des zones humides, il a été rappelé que « les zones humides ne sont pas seulement essentielles dans le cycle de l’eau, elles rendent aussi de multiples services qui leur confèrent une valeur vitale.».

En France, la moitié d’entre elles a disparu entre 1960 et 1990. Le Code de l’Environnement prévoit leur protection ou leur compensation en cas de destruction par un aménagement. Mais la compensation des zones humides proposée par les porteurs du projet n’est pas suffisante, comme vous pourrez le constater dans le suite de ce dossier.

La non-conformité aux réglementations sur l’Eau

Selon la Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE) et sa transposition dans le droit français, un projet de construction doit :

La faune et la flore menacées

Pendant trois ans, plus d’une cinquantaine de spécialistes des vertébrés et des invertébrés, des plantes et des arbres ont arpenté les 1200 hectares de prairies et champs qui pourraient disparaître sous l’emprise du projet aéroportuaire.

Le maillage de haies, de ruisseaux et de mares est propice à la circulation et au déplacement des espèces. Les richesses faunistique et floristique font du site un réservoir de biodiversité.

"Avec 1500 espèces recensées, la richesse biologique de cet espace souvent dépeint comme ordinaire, est en réalité du même niveau que les sites Natura 2000 du département" assure François de Beaulieu, écrivain spécialiste de l'environnement.

On y trouve des espèces rares et protégées. Les entomologistes ont même identifié plusieurs dizaines d’espèces nouvelles pour la région dont cinq jamais répertoriées en France. L’installation d'un aéroport signifierait la destruction totale de cette biodiversité.

Non!
Non!

Un projet aux impacts multiples

Un impact négatif sur l’économie agricole

Outre les conséquences alarmantes du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sur les paysages et la biodiversité, les coûts économiques et sociaux du projet pèsent également lourds.

Un projet destructeur de terres agricoles durables

Les agriculteurs ont été les premiers à se mobiliser contre le projet, avec la création de l’ADECA en 1972. Et pour cause, environ 2000 hectares de terres seraient retirées à l’agriculture, dont 650 au démarrage et 1290 supplémentaires les années suivantes. L’un des principaux bassins laitiers du département disparaîtrait, représentant 900 vaches allaitantes, 1700 vaches laitières, 80 exploitations dont 4 d’agriculture bio. Sur un territoire de bocage humide et de têtes de bassins versants, épargné par les remembrements et le recalibrage des cours d’eau, l’agriculture y est pourtant reconnue exemplaire pour son respect de l’environnement!

Des emplois fixes fragilisés

D’après l’état des lieux de 2003, 47 exploitations seraient directement touchées par le projet, de façon plus ou moins importante, et 15 d’entre elles ne seraient plus viables. On estime que la création d’un aéroport se traduirait par la perte rapide de 200 emplois dans l’agriculture et les activités liées, et encore davantage les années suivantes.

Il n’y a pas de terres disponibles dans le département pour reloger les exploitations. Si avec l’argent de l’indemnisation, certains agriculteurs acquerraient une exploitation ailleurs, ce serait au détriment d’autres agriculteurs. Au final il s’agirait bien de perte de terres et d’emplois agricoles. Sans parler du fait que l’indemnisation proposée aux exploitants est ridiculement faible (0,16€/m2 d’exploitation, contre 160€/m2 pour un terrain constructible!).

Non!

Pour ou contre : la difficulté de la prise de décision

Des rapports contradictoires remis en question

De nombreux rapports ont été présentés des deux cotés. Comment s'y retrouver et prendre sa décision ? On vous explique.

Aucun emplois supplémentaires créés

Tout d'abord, Airbus affirme que le projet permettrait de créer plus d'emplois qu’il n’en détruirait. Comme nous l'avons vu plus haut, la construction de cet aéroport à Notre-Dame-des-Landes détruirait de nombreux emplois agricoles sans les compenser. De son côté AGO Vinci, concessionnaire du futur aéroport, affirme que le chantier permettrait la création de 700 emplois pendant 4 ans.

Premier bémol: ces emplois ne sont pas pérennes, alors que les emplois agricoles eux le sont. Deuxième bémol : la création d’emploi induite par le chantier de l'aéroport ne serait pas locale, car sur ce type de grand chantier, une entreprise telle que Vinci fait appel à ses propres ouvriers.

Un projet plus coûteux que prévu

Le coût du projet d’aéroport s’élève officiellement à 565 millions d’euros HT (2016). Mais les sommes annoncées ne tiennent pas compte de tous les travaux connexes, ni des dépassements (40% en moyenne sur ce type de chantier). L’ensemble s’élèverait à plus d’1,5 milliards d’euros HT. CE Delft, organisation indépendante spécialisée dans le développement de solutions novatrices aux problèmes environnementaux, mandatée pour vérifier la pertinence du projet, a pointé plusieurs irrégularités :

Notre-Dame-des-Landes rentable ?

La déclaration d’utilité publique du projet d’aéroport se fonde sur une analyse économique « Coûts Bénéfices ». L’expertise du cabinet européen CE Delft a démontré que cette analyse économique a été orientée et faussée pour afficher un résultat positif. En fait, le projet d’aéroport à NDL se solde par un déficit important pour la société dans son ensemble, estimé entre 90 et 600 millions d’euros, selon les hypothèses. CE Delft est formel : les écarts de résultats montrent qu’il est clairement plus avantageux de conserver et optimiser Nantes Atlantique.

Non!

Pour ou contre : la difficulté de la prise de décision

Un financement public conséquent

Presque la moitié du financement revient à la charge des collectivités et de l'Etat, contrairement à ce que laisse penser le futur concessionnaire de l’aéroport. Ce financement est assuré par le contribuable: il concerne tous les Français, or l’avis d’une poignée d’entre eux seulement sera consulté.

Un financement public à hauteur de 50%

Les collectivités locales vont financer la construction de l'aéroport, ce qui ne se fait pas habituellement pour une concession. AGO-Vinci prétend qu’il finance 72 % du projet. Mais si l’on considère l’ensemble de l’investissement initial, Vinci ne finance que 56 %. Le reste est assumé par des subventions publiques des collectivités et de l'État.

Pour être précis, Vinci ne débourse au départ que 9 millions d’euros dans le projet, les autres participations à l’investissement initial sont :

Diagramme

En octobre 2010, chaque collectivité a voté pour sa participation financière sous forme d’avance remboursable sans intérêt et sous clause de «retour à meilleure fortune». Cela signifie que les sommes versées seront remboursées par Vinci aux collectivités seulement si les bénéfices de l’exploitation aéroportuaire sont supérieurs aux bénéfices prévus. Mais les bénéfices annoncés sont très élevés et il est donc peu probable que ces avances soient un jour remboursées.

Un référendum local pour un projet d'intérêt national

Alors qu'il s'agit d'un financement public payé par les impôts, seuls les habitants de la Loire-Atlantique peuvent voter au référendum. C'est pour cela que des initiatives ont été mises en place pour offrir à la population française, les moyens de s'impliquer dans ce dossier.

Non!
Non!

Non à l'aéroport !

Les moyens de mobilisation

Parce que nous sommes tous concernés par ce projet, deux modes de mobilisations simples et efficaces ont été mis en place: une pétition nationale, et une campagne téléphonique collective.

PÉTITION 350.ORG signez CONTRE L'AÉROPORT

Afin de faire entendre la voix de tous les Français, le site 350.org a lancé une pétition nationale en ligne à l’encontre du projet.

La procédure est simple: vous pouvez cliquer sur le lien ci-contre: http://350.org/fr/nddl-non/ qui vous fait accéder directement au formulaire à remplir pour dire “Non”. Nom, prénom, e-mail, commune et code postal: 5 petites cases à remplir et vous aurez participé activement à la lutte contre le projet, dont l’aspect déraisonné est d’ailleurs très bien résumé sur la page web de la pétition.

Quelques mots sur 350.org: un acteur qui se bat à l’échelle mondiale pour résoudre la crise climatique.

Une campagne téléphonique pour mobiliser le camp du NON en Loire-Atlantique

Il est également possible de participer à la grande campagne téléphonique nationale organisée par 26juin.vote. Le site propose d'appeler gratuitement les habitants de la Loire-Atlantique pour les convaincre de voter “Non” à la question “Êtes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique sur la commune de Notre-Dames-des-Landes?” qui sera posée lors du référendum du 26 juin 2016.

Or, d’après les prévisions, le taux d’abstention risque de battre des records. Cette campagne téléphonique est primordiale pour sensibiliser les électeurs et mobiliser le camp de l’opposition au projet.

Le principe est simple et vous avez le choix:

A Paris, saisissez l’occasion le 19 juin prochain dans le 11ème arrondissement à l'AGECA, 177 rue de Charonne, de 14h30 à 18h
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A Marseille le 22 juin, de 16h à 21h
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A Tours du 20 au 24 juin de 17h à 21h
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Vous détenez la possibilité d’agir, alors pourquoi s’en priver ?